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lundi, mai 28, 2007

Woolf, Virginia


Biographie de Virginia Woolf

Virginia Woolf (25 janvier 1882 - 28 mars 1941) est une femme de lettres anglaise et une féministe. Pendant l'entre-deux-guerres, elle fut une figure marquante de la société littéraire londonienne et un membre du Bloomsbury Group.

Née Adeline Virginia Stephen à Londres de Sir Leslie Stephen et Julia Princep Duckworth (1846–1895), elle fut éduquée par ses parents à leur domicile du 22 Hyde Park Gate, Kensington dans une ambiance littéraire de la haute société.


Les parents de Virginia étaient tous deux veufs lorsqu’ils se marièrent, ainsi leur maison regroupait les enfants de trois mariages différents. Les enfants de Julia et de son premier époux Herbert Duckworth: George Duckworth (1868–1934); Stella Duckworth (1869–1897); et de Gerald Duckworth (1870–1937). La fille de Leslie et de sa première épouse Minny Thackeray : Laura Makepeace Stephen qui fut diagnostiquée handicapée mentale et vécut avec eux avant d’être placée dans un asile en 1891 jusqu’à la fin de ses jours. Enfin, les enfants de Leslie et Julia : Vanessa Stephen (1879–1961); Thoby Stephen (1880–1906); Virginia et Adrian Stephen (1883–1948).


Sir Leslie Stephen était un écrivain, un éditeur et un alpiniste éminent. Ses liens avec William Thackeray (veuf de la fille aînée de Thackeray) montrent que Virginia Woolf fut éduquée dans une atmosphère influencée par la communauté littéraire victorienne.

Henry James, George Henry Lewes, Julia Margaret Cameron (une tante de Julia Duckworth) et James Russell Lowell, qui fut le parrain de Virginia, faisaient également partie de ses connaissances. Julia Duckworth Stephen entretenait en outre de nombreuses relations. Descendante d’une suivante de Marie Antoinette, elle était originaire d’une famille célèbre pour les beautés qui la composaient et qui laissèrent une trace dans la société victorienne en tant que modèles des peintres préraphaélites et des photographes de l'époque. Outre ces influences, Virginia avait accès à la vaste bibliothèque de son domicile du 22 Hyde Park Gate, qui lui permit de découvrir les classiques et la littérature anglaise (à la différence de ses frères qui suivirent une éducation traditionnelle).

Dans ses mémoires, ses souvenirs d’enfance les plus vifs ne sont pourtant pas à Londres, mais à St Ives en Cornouailles où sa famille passait tous ses étés jusqu’en 1895. Les souvenirs de vacances en famille, les impressions laissées par le paysage et le phare Godevry (Godrevy Lighthouse), furent des sources d’inspiration notables de ses romans, en particulier "Voyage au Phare" ("To the Lighthouse").

La mort de sa mère, décédée de la grippe, et celle de sa demi-sœur Stella deux ans plus tard, entraînèrent Virginia dans sa première dépression nerveuse. La mort de son père en 1904 provoqua son effondrement le plus inquiétant, elle fut brièvement internée.

Les spécialistes actuels estiment que ses dépressions et les périodes récurrentes de déprimes étaient aussi dues aux abus sexuels dont elle et sa sœur Vanessa furent victimes de la part de leurs demi-frères George et Gerald (auxquels Woolf fait allusion dans ses essais autobiographiques "A Sketch of the Past" et 22 Hyde Park Gate).

Les diagnostics modernes parleraient de trouble bipolaire, une maladie qui aurait marqué sa vie et son œuvre et conduite peut-être au suicide.

Après la mort de son père (Sir Leslie Stephen, rédacteur et critique littéraire) en 1904 et sa seconde dépression nerveuse, Virginia, Vanessa et Adrian vendirent le 22 Hyde Park Gate et achetèrent une maison au 46 Gordon Square dans Bloomsbury. Ils y firent alors la connaissance de Lytton Strachey, Clive Bell, Saxon Sydney-Turner, Duncan Grant et Leonard Woolf. Ils formèrent ensemble le noyau du cercle d'intellectuels connu sous le nom de Bloomsbury Group.

En 1941, Virginia Woolf se suicide. Elle remplit ses poches de pierres et se jette dans la rivière Ouse, près de sa maison de Rodmell. Elle laisse une note à son mari : « J'ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m'en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m'as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »

Œuvre :

Elle commence l'écriture comme activité professionnelle en 1905, initialement pour le supplément littéraire du Times. En 1912, elle épouse Leonard Woolf, fonctionnaire et théoricien politique. Son premier roman, The Voyage Out, est publié en 1915. Elle continue à publier des romans et des essais en tant qu'intellectuelle, qui rencontrent un succès aussi bien auprès de la critique que du grand public. La plupart de ses œuvres seront publiées à compte d'auteur aux presses Hogarth. Elle est considérée comme l'une des plus grandes romancières du XXe siècle et des plus grandes innovatrices dans la langue anglaise. Dans ses œuvres, elle expérimente avec acuité les motifs sous-jacents de ses personnages, aussi bien psychologiques qu'émotifs, ainsi que les différentes possibilités de la narration et de la chronologie morcelées. Selon Edward Morgan Forster, elle a poussé la langue anglaise « un peu plus contre les ténèbres » ; l'influence de ses réalisations littéraires et de sa créativité est encore sensible aujourd'hui.

Travaux récents :

Récemment, des études sur Virginia Woolf se sont concentrées sur les thèmes féministes et lesbiens dans son travail, comme dans l'anthologie d'essais critiques publiée en 1997 : Virginia Woolf: Lesbian Readings, publiée par Eileen Barrett et Patricia Cramer. Louise A. DeSalvo propose un traitement de l'abus sexuel incestueux que subit V. Woolf quand elle était jeune dans Virginia Woolf: The Impact of Childhood Sexual Abuse on her Life and World. Son imaginaire est aussi étudié pour sa profondeur de vue dans des thèmes comme le syndrome commotionnel, la guerre, les classes et la société britannique moderne. Les plus connues de ses œuvres non romanesques, notamment Une chambre à soi et Trois Guinées, traitent de l'avenir de l'éducation féminine et du rôle des femmes auteurs dans les canons littéraires occidentaux.
En 2002, The Hours, un film fondé sur la vie de Virginia Woolf et sur l'effet de son roman Mrs. Dalloway, a été nominé pour l'Academy Award du meilleur film. Il ne l'a pas emporté, mais Nicole Kidman a reçu l'Academy Award de la meilleure actrice, pour son interprétation de V. Woolf dans le film. Celui-ci était adapté du roman de même titre de Michael Cunningham, publié en 1998 et prix Pulitzer. The Hours était le titre provisoire de V. Woolf pour Mrs. Dalloway. Beaucoup de spécialistes de V. Woolf sont hautement critiques sur la peinture que donne le film de V. Woolf et de ses œuvres. Selon eux, ni le roman, ni le film ne sauraient être considérés comme un exposé correct ou une critique littéraire de Mrs. Dalloway.
(Source : Wikipédia)

mardi, mai 09, 2006

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Quel beau livre que ce récit de Virginia Woolf qui raconte une journée dans la vie de Clarissa Dalloway, une londonienne de cinquante-deux ans, femme du monde et maîtresse de maison parfaite. Tout commence lorsque Clarissa doit sortir acheter des fleurs pour la soirée qu’elle donne le soir même en l’honneur de son mari, Richard Dalloway, un parlementaire conservateur, sérieux, bon garçon, un homme terne sans une lueur d’imagination. Elle parcourt les rues de Londres par une belle journée claire et lumineuse et fait la rencontre de Hugh Whitbread, un gentleman ami d’enfance, poseur et obséquieux, occupant un petit emploi à Buckingham Palace. Elle l’invite à sa soirée et continue jusqu’à la boutique du fleuriste Mulberry dont elle pousse la porte et entre légère et très droite. De retour à la maison, Clarissa reçoit la visite de Peter Walsh, un gentleman aventurier et sentimental de cinquante-trois, faisant également partie de ses amis d’enfance et qui a failli devenir son mari. Sans vraiment oser l’admettre, Clarissa en est toujours profondément éprise mais cache ses sentiments sous une couche de bonne éducation. Peter Walsh est un original, renvoyé d’Oxford et issu d’une respectable famille anglo-indienne. Il a la réputation d’être un raté excentrique. Clarissa l’invite à sa soirée. Clarissa n’a qu’une fille de dix-sept ans, Elizabeth, très grande, plutôt belle, brune avec de beaux yeux chinois dans un visage pâle. Tous les hommes tombent amoureux d’elle ce qu’elle trouve profondément ennuyeux. Elizabeth étudie l’histoire avec un professeur privée, Miss Doris Kilman, une femme d’une quarantaine d’années, intelligente mais lourde, laide, commune et sans grâce ni beauté. Miss Kilman est d’origine allemande et très pauvre. Elle déteste Clarissa Dalloway qu’elle juge frivole et légère.

Plusieurs autres personnages sont invités à cette mémorable soirée : Sally Seton, la meilleure amie d’enfance de Clarissa, devenue Lady Rosseter, âgée de cinquante-cinq ans et qui a épousé un homme chauve, fils de mineur et possédant des filatures à Manchester. Il y aura aussi tante Héléna, la sœur du père de Clarissa, une vieille dame de plus de quatre-vingt ans, botaniste réputée, amoureuse de l’Inde et grande voyageuse dans sa jeunesse. Ellie Henderson est également invitée. C’est une cousine pauvre de Clarissa, une créature de rien du tout avec une pauvre chevelure et un profil maigre. Âgée d’une cinquantaine d’années, elle vit dans la misère, étant incapable de gagner un sou. Elle doit mettre un châle sur sa vieille robe noire pour assister aux soirées. Lady Millicent Henderson assistera aussi à la soirée. Une dame du monde âgée de soixante-deux ans, s’intéressant à la politique plus qu’aux gens et parlant comme un homme. Elle est fière de sa famille d’officiers et d’hommes d’États et vit au premier rang de son époque. C’est une patriote enragée et connaît les hommes les plus remarquables de son temps. Sir William Bradshaw se rendra tard à la soirée de Clarissa. C’est un médecin prospère, spécialisé en psychiatrie, ayant travaillé dur pour conquérir sa situation.

Il est évident que le roman de Virginia Woolf en est un de personnages avant tout. Mais c’est aussi un roman de souvenirs et de réminiscences. L’auteur nous dévoile les pensées les plus secrètes et les réflexions sur la vie, le passage du temps, les regrets et la nostalgie enfouie au plus profond de chacun des personnages. Tout ce qui constitue l’essence de l’âme humaine procure à Virginia Woolf une matière inépuisable pour écrire. La nostalgie de l’enfance, de l’adolescence, des premières amours et du choix que chacun a fait pour construire sa vie. Un roman d’une admirable beauté qu’il faut lire absolument.