mercredi, mai 23, 2007

La Mère de Pearl Buck

La douce lueur d'une humble vie

Un très beau livre. Il m'est difficile d'en parler tellement il m'a émue. Une histoire touchante mettant en scène une paysanne chinoise, ni belle ni laide, au corps vigoureux et qui aime enfanter. Pour elle, donner la vie, il n'y a rien de plus beau au monde. Mais son jeune mari est trop beau et trop désireux des belles choses de la ville pour rester prisonnier de cette existence morne, chaque jour n'apportant que peu de nouveau par rapport au précédent. Il l'abandonne donc, avec trois jeunes enfants, pour aller tenter sa chance en ville. Elle reste seule et doit travailler la terre et se charger de tous les travaux que son mari accomplissait car une partie de leurs terres est louée et le couple devait reverser une partie de leur récolte au propriétaire.

Je ne raconterai pas toute l'histoire mais les thèmes tournent autour de la vie paysanne, de l'ignorance, la superstition, la montée du communisme et la joie de mettre au monde une nouvelle vie qui vient consoler de la perte d'êtres chers.

Est-il besoin de préciser que l'écriture de Pearl Buck (prix Nobel de littérature en 1938) est tout ce qu'il y a d'admirable dans sa simplicité et son pouvoir d'évocation de la vie paysanne en Chine. La dureté de cette vie mais aussi ses joies simples et lumineuses m'a bouleversée. J'ai quitté ce livre avec regret en me disant que parfois dans la vie, on reçoit des cadeaux inattendus, et pour moi, ce cadeau, c'est d'avoir pu trouver ce livre et l'ouvrir, m'y plonger avec délice. Un livre inoubliable qui est un hymne a la vie malgré toutes les souffrances et l'amertume qu'elle peut parfois nous apporter. Admirable !

"Toutefois, lorsqu'elle eut travaillé la terre un moment, la douce brise d'automne souffla dans son coeur agité et le rafraîchit a son insu. Les feuilles qui tombaient, le flanc brun des montagnes, dépouillé de la verdure de l'été, le ciel gris et le cri lointain des oies sauvages volant vers le sud, le pays paisible, toute la tranquille mélancolie de l'année finissante pénètrèrent son âme sans qu'elle s'en doutât et la rendirent de nouveau bonne. Et pendant que sa main éparpillait le blé d'hiver dans la terre molle et bien cultivée, elle redevint sereine et se souvint qu'elle aimait cet homme, dont le visage rieur lui apparut et l'émut."


L'auteur : Après des études littéraires au 'Randolph Macon Women's College' de Virginie en 1909, Pearl occupe le poste de professeur d'anglais dans les classes terminales d'une école chinoise, mais n'en délaisse pas pour autant la littérature à laquelle elle s'adonne à ses heures perdues. Rectrice d'une école de filles en Chine, elle se familiarise avec la vie et les travaux des paysans chinois. De cette sensibilisation naît 'La terre chinoise', son roman le plus célèbre. La situation politique se dégradant en Chine, elle vient vivre en Amérique. Divorcée de John Buck, elle épouse son éditeur Richard Walsh. Elle devient alors directrice littéraire de ce dernier. Honorée de recevoir le prix Nobel de littérature, elle s'oriente vers la littérature américaine. Ses romans abordent désormais les questions raciales et les relations humaines, ils recueilleront un moindre succès comparativement à ses écrits de la Chine. Née à Hillsboro le 26 juin 1892. Décédée à Danby Vermont le 06 mars 1973.

1 commentaire:

Ben Said Bakhta a dit...

je suis entrain de lire ce livre ! il est magnifique ! j'adore